La fin des 80 km/h dans certains départements dont la Corrèze, des chiffres de l’accidentologie en dents de scie, des points de vue qui s’opposent sur la stratégie à adopter pour faire baisser le nombre de tués sur les routes, le dossier de la sécurité routière reste une préoccupation en France.

En France métropolitaine, 290 personnes sont mortes sur les routes en août 2019, en hausse de 44 tués par rapport à août 2018. Depuis le début de l’année, les compteurs sont au rouge avec 35 tués de plus par rapport à il y a un an et une augmentation de 1.6 % du nombre d’accidents. C’est le bilan dresser par l’observatoire interministériel de la sécurité routière.

Des chiffres qui semblent donc repartir à la hausse mais les efforts des 45 dernières années ont sans conteste réduit la mortalité routière en France. Malgré quelques relâchements ponctuels, depuis 1973, les courbes sont à la baisse.
 

Accidentologie France 2010-2019
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Cependant, ne nous y trompons pas. Un mort sur la route est un mort de trop. En 2018, 3 488 personnes ont perdu la vie dans 55 766 accidents de la circulation. Régulièrement, les gouvernements s’attellent donc au problème afin de réduire les dangers : vitesse, alcool, drogue, fatigue, usage du téléphone au volant…
 

Les causes principales d’accidents de la route
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Dernier plan en date, celui décidé en janvier 2018 par le comité interministériel de la sécurité routière 18 mesures dont le fameux passage aux 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central. 

Depuis, le gouvernement a fait marche arrière en permettant aux présidents des conseils départementaux (et aux maires) de revenir à 90km/h. Ce sera le cas en Corrèze puisque la décision a été votée en juillet dernier. Il faut encore attendre le décret d’application, repoussé en octobre 2019. 

 

 

Cette mesure s’est-elle montrée efficace ? 

Selon une étude de l’ONISR et du Cerema, le passage au 80km/h aurait sauvé 206 sur 12 mois. Évidemment, des chiffres que contestent les détracteurs du 80km/h et la Corrèze notamment. 

Pascal Coste, le président du CD 19 a toujours mis en avant que son département était particulier, car selon lui, 83 % des accidents ne sont pas dus à la vitesse alors qu’au niveau national, elle reste la principale cause des accidents mortels. 

Repère : En 2018, le département a enregistré 21 décès routiers dont 64 % hors autoroutes et hors agglomération. Dans 23 % des cas, le conducteur était alcoolisé.

 

Accidentologie en Limousin
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Et maintenant, on fait quoi ? 

Parmi les 18 mesures décidées en 2018, certaines pourraient entrer en vigueur entre 2020 et 2021.
 

© FTV
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Vitesse et alcool : un contrevenant ayant été contrôlé avec un taux d’alcoolémie supérieur 0,8 g/L peut, sur décision préfectorale, continuer à conduire à condition d’équiper son véhicule d’un éthylotest anti-démarrage. En 2021, une mesure semblable pourrait voir le jour pour les excès de vitesse en équipant le contrevenant d’un boîtier de contrôle. 

Trafic : en 2020, il est prévu de mettre en place des régulations dynamiques de vitesse sur certains tronçons. Il s’agit de limiter la vitesse des automobilistes de manière ponctuelle sur certaines portions pour fluidifier le trafic. Un dispositif déjà expérimenté en Gironde par exemple. Il pourrait être étendu au réseau secondaire.
 

Les villes à 30 ?

A l’été 2019, Bègles est devenue la première grande ville de France à passer l’ensemble de son territoire à 30 km/h.  Aujourd’hui, selon le collectif ville30.org, ce sont 200 communes qui appliquent cette mesure. Mais là encore, pro et anti s’opposent. Pour les uns, cette vitesse réduite limite les accidents, baisse de la pollution… Pour les autres, la vitesse limitée à 30km/h désorganise la circulation, devient source de bruit et fait fuir les commerçants. 

 

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