Si l’organisme gouvernemental s’empresse de faire remarquer que la mortalité routière affiche une baisse de « -13,4% » sur la période 2010-2017, le bilan de l’année écoulée n’en reste pas moins préoccupant : avec 3456 morts contre 3477 en 2016, le nombre de morts ne diminue que de 0,6% en France métropolitaine. Par ailleurs, tous les autres indicateurs sont en hausse : le nombre de blessés (+1,8%) comme celui des accidents corporels (+2,4 %).

L’objectif du gouvernement d’atteindre « 2000 morts d’ici 2020 » paraît toujours aussi peu réaliste dans ces conditions, même si l’on peut se réjouir de constater une – timide – inversion de la courbe de la mortalité : rappelons que les trois derniers bilans étaient en hausse, ce qui n’était pas arrivé depuis 1972. 

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Mais heureusement : 2018 verra la mise en place de l’abaissement de la vitesse à 80 km/h – à partir du 1er juillet -, mesure censée sauver environ 400 vies selon les estimations officielles ! Entre cette décision imposée aux forceps malgré un désaccord quasi général, la multiplication des radars et la délégation à des sociétés privées de la mission de contrôler la vitesse depuis des voitures banalisées, un bilan va à coup afficher une tendance positive l’an prochain : celui des contraventions. L’impact réel sur l’accidentologie, lui, reste à démontrer…

Mortalité des motards en hausse de 9%

Dans le détail, ce bilan provisoire 2017 – les chiffres définitifs seront comme chaque année communiqués au printemps – fait apparaître trois catégories d’usagers touchées par une hausse : celle des automobilistes (+ 1%), des cyclistes (+ 6%) et des motards (+ 9%), qui enregistre la plus forte augmentation avec 669 décès contre 613 en 2016. 

« La courbe mensuelle de la mortalité en 2017 présente des caractéristiques très proches de 2010 : la météo clémente a permis les déplacements sur l’ensemble de la saison« , précise la Sécurité routière pour expliquer ces 56 morts à moto de plus 125 cc supplémentaires par rapport à 2016. Logique : plus la météo est favorable, plus les déplacements à moto sont nombreux, ce qui entraîne une hausse prévisible du nombre d’accidents.

Au total, la mortalité moto représente 19% du nombre de morts en 2017, ratio qui ne plaide évidemment pas en faveur d’une catégorie d’usagers sous-représentés sur la route (de 1 à 3 millions de motos en circulation, contre plus de 30 millions de voitures). Les chantres du tout-sécuritaire vont se précipiter sur ces données pour ressortir leurs parallèles vaseux tels que « motards = chauffards », oubliant le simple fait que les motards n’ont que deux roues et pas de carrosserie pour les protéger…

Les mêmes ne tiendront absolument pas compte du fait que cette hausse intervient après plusieurs années de baisse de la mortalité des motards : une diminution de « –12,9% » est enregistrée sur la période 2010-2016, soit l’une des plus favorables toutes catégories confondues !

Ce bilan 2017 fait par ailleurs ressortir que la part d’accidents mortels à moto est plus élevée dans les régions du sud de la France, avec 35% en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et 33% en Corse. L’Île-de-France, qui draine une importante partie d’usagers deux-roues, représente 31% de la mortalité motarde.

Enfin, le nombre total de morts sur les routes atteint 3693 personnes en additionnant les décès constatés en France métropolitaines et ceux d’outre-mer. Soit 237 morts dans les départements et collectivités d’outre-mer, en baisse de -9%. A noter que le non-port du casque concernerait « la moitié des décès en deux-roues motorisés« , relevés dans ces régions ensoleillées.

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