Mesta Fusion 2. Retenez bien ce nom, car il désigne le dernier « joujou » de la Sécurité routière qui en installera « 400 » d’ici la fin de l’année pour allumer verbaliser les comportements délictueux. Développé depuis 2015 par Idemia, autoproclamée « leader de l’identité augmentée« , ce super radar est aussi appelé « radar tourelle » car il est implanté sur un mât de 4 mètres…

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Pourquoi le placer à une telle hauteur ? Simple : pour éviter qu’il ne soit tagué, enrubanné ou brûlé, autant d’actes de neutralisation en forte croissance depuis la crise des Gilets jaunes. Christophe Castaner annonçait ainsi en janvier que « 60% des radars sont hors service« . Et cette proportion n’aurait fait qu’augmenter puisque le ministre de l’intérieur l’estime désormais « à peu près à 75%« ! 

Pour MNC, soulagé d’un point et de 45 euros d’amende minorée pour un très imprudent excès de 9 km/h sur une quatre voies dégagée à 5h52 du matin, cette estimation paraît assez pessimiste… Sur certains axes fréquentés aux abords des villes et autres lieux stratégiques (gares, aéroports, centre commerciaux), l’inverse (75% en service) semblerait plus réaliste…

Le délégué interministériel à la Sécurité routière Emmanuel Barbe, qui jure ses grands dieux que l’implantation de ces 400 radars tourelles n’a « rien à voir » avec la crise des Gilets jaunes, reconnaît pour sa part que « nous allons installer ces nouveaux dispositifs en premier à la place des radars dégradés par les Gilets jaunes« . 

Traduction : « vite, dépêchons-nous de remettre en route les machines à cash endommagées en profitant de l’opération pour installer des radars automatiques encore plus performants ! ». Et tout ça, bien entendu, pour notre sécurité !

Par devant, par derrière, seul ou à plusieurs : bienvenue aux radars partouze ?!

Car le potentiel « permivore » de ce fameux radar tourelle est tout bonnement terrifiant : sa caméra de 36 millions de millions de pixels autorise un contrôle précis et simultané de… 32 véhicules répartis sur huit voies (!), le tout sur un espace de 100 mètres de chaque côté du radar. Oui, ça calme…

 

Cet écoeurant efficace outil de contrôle automatique, fabriqué en France (cocori-con…), est évidement capable de vérifier la vitesse, mais pas que : cette « mitraillette à PV » peut aussi s’animer pour non respect des distances de sécurité, franchissement d’une ligne continue, dépassement par la droite ou encore emprunt d’une voie d’urgence !

Uniquement la vitesse et les feux rouges… pour l’instant !

Plus fort encore : le Mesta Fusion 2 est capable de détecter l’usage d’un téléphone au volant ou le non port de la ceinture de sécurité. Encore un effort et la prochaine génération sanctionnera automatiquement les employés en retard, les conjoints volages, les chefs d’entreprise en délicatesse avec l’URSSAF et les enfants pas sages à la récré. Big brother ? Carrément !

 

Bonne nouvelle : le Mesta Fusion 2 n’a pour l’instant reçu l’homologation du Laboratoire national de métrologie et d’essais « que » pour le contrôle de vitesse et le non respect des feux d’intersection. Mais pour l’instant seulement : nul doute que l’État va rapidement vouloir profiter de ses multiples fonctionnalités.

Tous les usagers sont en revanche concernés par son rayon d’action : le radar tourelle « lit » les plaques d’immatriculation aussi bien par l’avant que par l’arrière et différencie tous les types de véhicules, plaçant à la même enseigne les conducteurs de motos, de voitures, de camions et autres utilitaires. Même la moto volante de Lazareth ne passera pas au travers !

400 en 2019 et cinq fois plus de leurres !

Selon nos confrères de France Info, « plus de 400 radars tourelles nouvelle génération vont être installés dès 2019″.  A court terme, « 1200 » exemplaires prendront progressivement place sur le parc actuel d’environ 3200 cabines fixes.

Et le gouvernement prévient d’ores et déjà de son intention de feinter les avertisseurs de radars grâce à un vicieux classique système de leurre : chaque radar sera alternativement déplacé dans cinq cabines différentes, sans qu’il soit possible de distinguer sa présence grâce au film opaque placé sur sa vitre en façade. Soit 2000 combinaisons possibles d’ici fin 2019 !

A terme, l’État envisage l’implantation de « 6000 » cabines tourelles sur le réseau routier, à l’intérieur desquelles flasheront tour à tour les 1200 dispositifs commandés pour 2024. Coût de l’opération ? Déjà « 101,7 millions d’euros » pour les 400 premiers radars tourelles, selon un appel d’offres public de 2016… soit plus de 300 millions d’euros au total.

Déjà testés depuis 2018

Ce scénario cauchemardesque vous inspire un certain scepticisme quant aux réelles capacités de ces « radars partouzes », capables de prendre des dizaines de fois d’affilée, par devant et par derrière ?! Grave erreur : les Mesta 2 Fusion sont d’ores et déjà fonctionnels ! 

 

Une dizaine seraient même déployés en France « depuis février 2018 pour une phase d’expérimentation », rapporte Le Monde en citant des radars tourelles aperçus à Bordeaux, Marseille et Thionville. 

Selon le quotidien, plusieurs préfets auraient déjà fait connaître  leur souhait de recourir à ces radars tourelles, notamment ceux l’Oise et de la Haute-Loire qui prévoient respectivement l’installation de « 90 » et « 80 » radars tourelles dans leur département. On vit vraiment une époque formidable…

Simulation vidéo de démonstration du Mesta Fusion